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Magali, danseuse en fauteuil roulant, a créé All Moov, la compagnie inclusive qui brise les tabous

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Magali Saby, danseuse et comédienne professionnelle handicapée, se bat pour la reconnaissance des artistes porteurs d’un handicap et en faveur du « spectacle inclusif ».

Sur scène, elle se fait plume, toute en souplesse et légèreté, portée de bras en bras par ses partenaires, ou mettant de la grâce dans les pirouettes… d’un fauteuil roulant. Descendue de scène, Magali Saby perd un peu de cette « liberté du corps », trop mal portée par ses jambes fatiguées, mais elle défie la gravité par ses projets artistiques et presque militants.

Son combat : la reconnaissance professionnelle des artistes, notamment des danseurs, porteurs d’un handicap.

Une bataille de longue haleine qui passe par la création à Paris d’une académie artistique puis d’une véritable compagnie, All Moov, dont les créations pourront sillonner le monde. C’est le rêve de cette jeune femme de 35 ans, qui n’a jamais pu courir ni sauter, victime à sa naissance prématurée d’une anoxie fatale à la motricité de ses jambes, et qui pourtant parcourt la planète, de l’Écosse à l’Indonésie, la Turquie ou la Belgique, depuis une dizaine d’années.

 
Comédienne et danseuse professionnelle, des chorégraphes célèbres de danse contemporaine lui donnent régulièrement sa place, comme Jérôme Bel, Sylvère Lamotte ou Johan Amselem. C’est d’ailleurs avec ce  dernier, et avec l’Orchestre de chambre de Paris, qu’a été créé le court spectacle qui devait être donné sous les ors de l’Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre d’un « spectacle partagé » lors de la cérémonie des vœux. Annulée par la reprise de l’épidémie, la soirée devrait être reportée et elle reste « une grande chance, se réjouit Magali Saby, car ce qu’on fait a du sens ».

« J’ai eu beaucoup de chance »

Sur scène, un violoniste soliste et 10 danseurs professionnels, dont Magali sera la seule en situation de handicap, portée et soutenue par ses partenaires.

« C’est une chorégraphie autour du maintien du corps, présente-t-elle. Nous avons voulu illustrer l’accès à la liberté corporelle grâce à l’entraide, aux gestes du soutien. »

Paris XXe, jeudi. Magali Saby, 35 ans et danseuse professionnelle, a non seulement créé une académie artistique mais se lance dans la création et la diffusion de spectacles et chorégraphie dans le monde entier.
Paris XXe, jeudi. Magali Saby, 35 ans et danseuse professionnelle, a non seulement créé une académie artistique mais se lance dans la création et la diffusion de spectacles et chorégraphie dans le monde entier.

 

Cette création signe le lancement d’All Moov, dont la vocation de diffusion artistique se double d’un véritable engagement pour combattre les tabous ou le manque de volontarisme, souvent les deux, qui privent des artistes « différents » de leur chance de montrer et d’exercer leurs talents. Des danseurs, comédiens, chanteurs, qui n’ont pas forcément la ténacité de Magali pour réaliser leur passion.

« J’ai passé mon enfance dans des centres de rééducation, quand j’étais jeune la danse c’était thérapeutique, pas une discipline artistique », raconte-t-elle.

Tenace, faisant fi du paradoxe perçu dans le regard des autres, elle passera un bac littéraire option danse, embraye sur un Master en arts du spectacle, pratique la danse pensant 5 ans en faculté, court les auditions…

« J’ai eu beaucoup de chance, sourit-elle, car très vite j’ai été engagée pour un projet à l’étranger. Cela a changé ma vie, et ce fut un électrochoc de découvrir quelque chose qui s’avérait impossible en France : dans les pays que j’ai parcourus, vous pouvez être danseurs professionnels ET en situation de handicap. »

Elle a créé une école pour faire #bougerleslignes

Magali Saby a décidé de faire bouger les lignes, et lancé fin 2017 une « académie artistique » à Paris. Be-Together fonctionne comme une école, pour amateurs ou professionnels, sans distinction qu’ils soient valides ou en situation de handicap. Danse, comédie musicale, expression scénique et vocale, Master classes,

« Les professeurs sont de près ou de loin sensibles au handicap, précise-t-elle, mais nous voulons vraiment fonctionner comme n’importe quelle académie artistique du spectacle vivant, tout en nous démarquant de ce qui se fait sous prétexte « d’inclusion ». Nous voulons enseigner l’excellence artistique.

Il ne suffit pas d’avoir envie d’engager un artiste handicapé, il faut être formé, la manière dont on enseigne la chorégraphie est différente selon le handicap ».

Source : LE PARISIEN, Par Elodie Soulié, Le 2 janvier 2022

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